Les Voies de Jeanne

17 avril 2008

La chasse aux chômeurs est ouverte !

Sus aux chômeurs, ces inactifs, ces improductifs, ces parasites de notre société qui ne participent pas à l'effort national, des assistés !

Alors, une nouvelle loi vient d'être discutée et approuvée par le gouvernement (ça ma fait penser à goûté et approuvé, sauf que je ne crois pas que nos Ministres et notre cher Président aient déjà goûté au chômage !) qui évoque des pénalités infligées aux mauvais chômeurs qui refuseraient de répondre à deux offres jugées «valables» (par qui au fait ?).

Alors, c'est quoi un bon chômeur ? Et ben, en toute logique, c'est quelqu'un qui ne le reste pas ! Parce que ça doit être évident de trouver du boulot, ben oui quoi ! Y a que ça, des offres En veux-tu - En voilà ! Plein les journaux, les magazines spécialisés, les agences Anpe et intérim et maintenant les sites spécialisés ! YAKA se baisser. Donc les bons chômeurs, ils trouvent du boulot. Mais j'ai ma petite idée là-dessus, qu'ils n'utilisent pas toujours les moyens dont je viens de parler. Et d'ailleurs, je pense lancer une petite enquête à partir de ce blog, histoire de vérifier.

Et c'est quoi un mauvais chômeur ? Et ben, c'est celui qui ne trouve pas de boulot ! Qui préfère vivre grassement aux frais de la princesse (enfin, du Président), qui refuse les offres qu'on lui propose. Et en plus, y en a ! Donc, c'est qu'il y met de la mauvaise volonté.

Et une offre valable ? Je sais pas qui a pondu cette expression, mais en tout cas, pour moi, toutes les offres sont valables. Le vrai problème, c'est que ce sont les employeurs qui décident, à la fois des critères (objectifs ou non) et de la décision finale. Ben, c'est normal vous allez me dire. Je ne dis pas ! Or là, la définition d'une offre valable, je crois que ce sont les Assédic qui vont s'emparer du problème. On va proposer une offre (proche des critères du demandeur – faut pas pousser quand même), mais on pourra s'éloigner des critères dudit demandeur en matière de mobilité ou de salaire, sinon, ZOU.

Et là, ça me gène sur deux points : Le point de vue de l'employeur (on peut lui imposer des candidats) et le point de vue du candidat (on fait fi de ses obligations ou contraintes).

Du coup je me permets de parler des bons employeurs et des mauvais employeurs. Y a pas de raison qu'on ne compare pas non plus de ce côté-là ! Les bons employeurs, ils vont faire ce qu'ils ont toujours fait, ils vont se passer des services Anpe-Assedic (puisque maintenant ils ont fusionné) et chercher par leurs propres moyens (leur réseau notamment, ou les candidatures spontanées). Et les mauvais, ils vont faire ce qu'ils ont toujours fait, ils vont en profiter pour au passage réduire les salaires quelles que soient les qualifications et les compétences des mauvais et des bons demandeurs d'emploi.

Alors, la mode aujourd'hui c'est de parler du pouvoir d'achat et du «travailler plus pour gagner plus». Que vont faire les mauvais chômeurs ? Et ben, ils devront accepter des contraintes supplémentaires (durée et coût de trajet allongés – ben y zon ka faire du vélo, ça leur fera pas de mal kelle dit la mère Lagarde) et salaires moins élevés (par les temps qui courent avec une augmentation de 3% du coût de la vie le mois dernier, ça va le faire, tiens !). Mais les bons chômeurs, c'est pareil ! Au bout du compte, même s'ils ont été gentils, ils vont voir fleurir toutes ces offres qu'ils seront aussi contraints d'accepter. Zavaient pa ka perdre leur taf non plus ! Nanméo !

Parmi les chômeurs on trouve : des hommes et des femmes (en proportion égale, mais avec des problématiques, des contraintes et des durées d'inscription différentes – mais nous y reviendrons); des jeunes (sous-diplômés ou sur-diplômés ou stagiaires – nous y reviendrons aussi); des inreclassables (métiers ou savoirs-faire en voie de disparition ou très atypiques); des moins jeunes (à partir de 30 ans dans certains secteurs on vous trouve déjà trop vieux – nan nan, je parle pas de Carla qui s'est plutôt bien recyclée); des cadres (savoirs-faire incontournables dans certaines entreprises, mais trop chers); des personnes reconnues travailleurs-handicapés (maladie, usure, accident); des critères géographiques (banlieues, régions rurales); de nationalité, de couleur de peau, d'apparence physique, et la liste n'est pas exhaustive (d'ailleurs j'attends vos témoignages)

Devant toutes ces histoires touchantes d'exclusion, de recherches vaines, d'espoirs déçus, je me prends à avoir honte de vivre en France. Je me demande jusqu'à quel point on va régresser socialement ? Au 40ème anniversaire de mai 68, qu'allons-nous faire comme bilan ? Jusqu'où ira cette dégringolade ? C'est quoi l'humanisme, la solidarité ? Pour un pays qui a été longtemps cité en exemple (cf : le modèle social français). Quelle société transmettons-nous aux générations suivantes ?

Posté par zazzz à 08:41 - 30. Réactions à Chaud - Réactions en chaîne - Commentaires [1] - Rétroliens [0]


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